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         Échec de la 3e république et naissance d’un NTS

Avant le premier changement de régime qu’a connu notre pays, les sénégalais avaient seulement perdu confiance en leurs dirigeants. Lorsqu’enfin survint l’alternance de 2000, les uns et les autres se congratulèrent et jubilèrent de cette singulière maturité démocratique de notre pays, particulièrement retentissante dans un continent qui était encore à l’épreuve des accords mitterrandistes de la Baule et où le parti unique et le régime autocratique étaient érigés en modèles de gouvernance. Cette première alternance rapatria l’espoir dans les cœurs de nos citoyens, mais pas pour longtemps, puisque le rendez-vous pour lequel ils firent longtemps le pied de grue se solda par un faux bon du nouveau régime qui leur fit perdre la confiance retrouvée. Cette fois-ci, l’ampleur de la déception subie était telle qu’elle fit perdre aux populations la foi en non seulement nos dirigeants, mais aussi en nos institutions. En effet, avec un commandant en chef délinquant, brouillon et sa chaîne de commandement déstructurée et confuse; un parlement bicaméral monocolore, dysfonctionnel, corrompu et champion de lois scélérates et vindicatives; et une justice édentée, marionnette entièrement acquise à la solde du maître de céans, qui donc aurait osé blâmer ce peuple?

Avant que le point le plus bas du régime ne soit atteint avec son fameux projet de loi portant sur le ticket présidentiel, la troisième république avait déjà conforté sa réputation d’être un règne de désespoir piloté par un clan vagabond qui puisait à volonté dans le trésor national et dilapidait les richesses du pays au dépend du peuple sénégalais que l’ampleur de ce brigandage contraignit à un grand exode…

+ Un exode rural d’abord; de gens en majorité jeunes venus des quatre coins du pays et ont convergé vers la capitale nationale et sa banlieue paupérisée où 1/3 de la population du pays vit sur moins de 1% du territoire national. La sécheresse et la dégradation de l’environnement (déforestation, érosion des sols, avancée du désert, pollution de l’air, invasions acridiennes, assèchement des cours d’eau, etc.) jumelées à un découpage anarchique du territoire national et une politique de décentralisation désastreuse, ont accéléré la banqueroute des collectivités locales, ne laissant que peu de choix à leurs populations.

+ Un exode « modou-modou » ensuite; en direction de « l’Illusiorado » occidental avec des cargaisons de « Boat People » qui, régulièrement, s’échouèrent de façon tragique sur les rives de la méditerranée.

+ Un exode de cerveaux surtout, encouragé par des politiques étrangères favorables à l’immigration et catalysé par un chômage galopant ainsi qu’une croissance économique très timide malgré une politique économique expansionniste attestée par l’accroissement continu des dépenses d’investissements publics.

Un exode politique enfin; vers le parti au pouvoir, les services de l’état et les institutions publiques, qui s’est traduit par une transhumance politique massive et éhontée et un clientélisme sans scrupule aidés et encouragés par la promesse de l’argent facile et une perception aberrante de la politique en tant que métier.

Pour beaucoup de nos concitoyens, le sentiment ambiant durant les années 2000 était que si on n’est pas dans le cercle du pouvoir, on est alors livré à soi-même et à un quotidien rythmé par la cherté du loyer, des délestages fréquents, une inflation non maîtrisée et un taux de chômage parmi les plus élevés au monde. Bref, le spectacle était celui d’une pauvreté galopante sur fond d’inondations récurrentes vectrices de diverses maladies et fortement corrélées à une occupation anarchique de l’espace géographique n’ayant tenu compte ni des voies naturelles de drainage des eaux pluiviales, ni de la faible profondeur de la nappe phréatique par endroits, encore moins de facteurs anthropiques que l’absence d’un plan directeur d’urbanisme et d’infrastructures d’assainissement a exacerbés.

L’exode politique susmentionné marqua la genèse de la « Galaxie W » et le début de partage du gâteau public qui se manifesta plus tard par une floraison d’actes cavaliers, voire économiquement criminels, que les sénégalais de tous bords décrièrent: une instabilité institutionnelle exemplifiée par des gouvernements pléthoriques remaniés à tous les semestres, des administrations centrale et locales aux effectifs ballonnés, des agences et directions nationales fantômes, des fonctionnaires factices, des PCA et des conseillers incompétents, des dépenses publiques superfétatoires, des détournements de fonds chroniques, une caisse noire de la présidence matelassée de fric, etc. En somme, un train de vie grotesque pour un état pauvre plombé par un déficit budgétaire chronique ayant causé un niveau d’endettement souverain quasi insoutenable. Il faut ajouter à cela une corruption rampante, une distribution d’argent comptant à des copains politiques et religieux, une boulimie foncière traduite par un bradage du patrimoine foncier national, une gestion patrimoniale et clanique du pouvoir, et que sais-je encore… C’était là une immense forfaiture économique qui s’est soldée par un gaspillage inédit des richesses nationales, le tout ayant été exécuté sans commisération pour le contribuable sénégalais et érigé en modèle de gouvernance.

Cependant, à quelque chose malheur est bon…Et comme disait Jean-Paul Sartres, « le plus grand forfait n’est point de faire du mal, mais de le manifester ». En effet, cette manifestation de concussion, de subornation, de trafic d’influences et de malversations généralisées a été salutaire, car ayant engendré une nouvelle conscience politico-citoyenne le 23 juin 2011; un jour mémorable où notre peuple dit enfin niet au tripatouillage de sa constitution et fit de « Un peuple, Un but, Une constitution » sa nouvelle devise. Y En A-vait Marre…tout simplement. Le projet de dévolution monarchique tant décrié (un attentat raté contre notre constitution) réveilla finalement une conscience citoyenne qui couvait depuis longtemps (M23, Y en A Marre, Luy Jot Jotna, Fekke Maci Bole, etc.). Il fit naître un Nouveau Type de Sénégalais (NTS 2.0) sur les cendres d’un vieux prototype pessimiste et résigné, cynique et indiscipliné, irrespectueux de l’autorité et je-m’en-foutiste à souhait, sceptique et « insécure » de sa fierté nationale, en tout cas incertain de l’avenir de son pays et du sien propre et prêt à tout moment à s’envoler vers des cieux jugés plus cléments. Ce sursaut « révolutionnaire » animé par une nouvelle itération de la conscience politique sénégalaise, fit frémir le régime libéral de gabegie et d’à-peu-près-isme en tout, avant de l’ensevelir finalement avec son cortège de « charognards de la république ». Avec la fin de cet univers de corruption, de prévarication, de clientélisme et de collusions d’intérêts, le Sénégal fit preuve d’une belle résilience face aux assauts incessants sur ses institutions et aux violations répétées de sa constitution.

Maintenant que la poussière électorale est entièrement retombée il y a belle lurette et que les cartes du pouvoir ont été redistribuées « de tous les côtés » (exécutif et législative) en faveur des nouvelles autorités, le peuple attend que le véritable travail de réingénierie de la gouvernance du pays soit amorcé. Mais « First Things First », ou pour paraphraser Maslow, « ‘Basic Needs’ First ». Le nouveau Chef de l’État semble avoir compris cela au début de son mandat puisque les premiers gestes qu’il a posés étaient destinés à soulager la peine des ménages sénégalais (réduction du coût des denrées de première nécessité, baisse de l’impôt sur le revenu, secours de la campagne agricole, etc.). De toute manière, la population n’en attendait pas moins d’une promesse électorale qui  l’avait incité à se ranger en masse derrière le « Yoonu Yokkuté ».

En outre, les premiers signes de la nouvelle politique territoriale (conseils ministériels décentralisés avec leurs initiatives budgétaires très attendues dans les régions) et la modération du train de vie de l’état (gèle du nombre de ministres, abolition du sénat et des voyages en première classe, suppression d’agences et de directions budgétivores superflues, biométrisation de la fonction publique, rationalisation de l’usage des moyens de communication et du parc automobile de l’état, etc.) sont assurément des mesures bienvenues dans un contexte d’urgences sociales tenaces et de morosité persistante de l’économie mondiale (une zone Euro vacillante, une Amérique surendettée et un BRIC moteur ralentissant).

Une fois ces premières mesures bien entérinées et les mécanismes de suivi et évaluation régulière de leur performance mis en oeuvre, le plus fondamental sera de réconcilier le peuple sénégalais avec ses dirigeants et ses institutions, en restaurant la confiance qu’il avait en eux. Pour cela, il faudra faire preuve de grande témérité et d’une volonté politique irréductible. La détermination du président à ne protéger personne, est un signal très fort qui, sans doute, est la meilleure émanation de la volition que les sénégalais attendent de lui de sévir contre les abus et l’impunité. Sous cet angle, le renforcement des pouvoirs de l’Ige et de la Cour des comptes, la ressuscitation de la loi sur l’enrichissement illicite, la traque des « biens mal acquis » et la mise sur pied d’organes de lutte contre la corruption (OFNAC) et l’enrichissement illicite (CREI), illustrent bien, entre autres, une volonté manifeste de moraliser l’exercice de responsabilités dans la fonction publique. Toutefois, bien que nécessaires, ces édits et autres organes de contrôle indépendants ne sont pas suffisants. Notre peuple veut plus, le NTS exige davantage et notre démocratie mérite mieux. Nous voulons une rupture radicale. Une rupture transformationnelle. Une rupture articulée autour de la Transparence, l’Ouverture, la Particip-action, l’Imputabilité et la Collaboration (TOPIC) ».

Exigence de rupture et attentes du NTS

L’effondrement de la « Galaxie W » a sonné le glas du règne de « Maa Tèy – Wakh Wakhèt » emblématique d’une gouvernance délinquante portée à la fois par une myopie des enjeux socio-économiques du pays et une presbytie du développement de la nation.

Avec l’arrivée de nouvelles autorités au pouvoir, l’heure de la rupture a sonné. Rupture d’abord dans l’absence ou « l’inaction-nement » d’édits et d’organes de contrôle de la gestion des deniers publics (Ige, Court des comptes, Crei, Ofnac, etc.). Rupture ensuite par rapport à une politique économique incitative et créatrice de chômage. Rupture également avec une logique politicienne de décentralisation de l’offre de services publics. Rupture dans le déficit d’empathie envers la souffrance des populations et dans le manque d’écoute à leurs égards. Rupture surtout dans l’absence de sobriété et d’éthique au sommet de l’état. Rupture dans la hausse incontrôlée des dépenses fonctionnelles de l’administration. Rupture nette avec l’extravagance, l’excentricité, la fanfaronnade, la prétention, l’arrogance, la mégalomanie, la gestion patrimoniale et clanique du pouvoir, et l’abscence de moralisation du discours public. Rupture radicale avec la culture de l’impunité et une justice édentée, complaisante, marionnette entièrement acquise à la solde du maître de céans. Rupture encore avec un parlement bicaméral monocolore, dysfonctionnel, corrompu et champion de lois scélérates et vindicatives. Rupture enfin avec le non respect de la parole donnée. Et j’en passe…

Si le miracle de la première alternance à été de rendre les sénégalais totalement sceptiques et méfiants de leurs dirigeants et des institutions de leur pays, le challenge de la seconde sera de restaurer leur confiance en eux afin de pouvoir rallier notre peuple autour d’un idéal commun et le mobiliser derrière la pléthore de défis auxquels le pays est confrontés. C’est pour cela que la rupture annoncée ne doit pas être simplement synonyme d’une rétro-ingénierie des processus administratifs et de gestion chaotique de la gouvernance libérale. Mieux que cela, elle doit être radicale et transformationnelle, à la fois destructrice du « passé » et créatrice de valeur économique et de bien-être social, et animée par une volonté et un courage politiques implacables. Le temps a passé où notre pays pouvait encore s’accommoder de changements incrémentaux. Le Sénégal doit rompre fondamentalement avec plusieurs années de stagnation et de recul à tous les niveaux (éducation, santé, infrastructures, économie, endettement, mentalité, indice de développement humain, etc.). Et cette rupture doit être incarnée dans toute l’administration publique par une vision et un Nouveau Type de Leadership (NTL) qui établit des choix clairs et maintient des arbitrages cohérents avec eux et conséquents avec l’objectif de sortir notre pays de la pauvreté dans laquelle il est cantonné depuis des lustres.

À l’heure de la convergence des TIC et de la circulation de masses colossales d’informations, une véritable rupture passe nécessairement par une gouvernance qui :

1.    reconnaît la dimension stratégique de l’information sous toutes ses formes (données brutes, données structurées et données non structurées, données géographiques et données attributaires, dossiers et documents divers, etc.) et les enjeux qui entourent sa maîtrise et sa gestion dans un contexte national et mondial de foisonnement de données et d’informations non structurées telles que les fils de clavardage des réseaux sociaux, les blogs et autres forums;

2.    élabore une politique nationale de données et de l’information qui soit cohérente et ancrée sur des cadres légal, réglementaire et normatif solides et harmonieux (accessibilité, protection de la vie privée et de la propriété intellectuelle, sécurité, domaine public, formats, standards de qualité, réutilisation éventuelle…);

3.   s’approprie adéquatement les TIC et les technologies de l’information géospatiale (Géomatique) et apprivoise les meilleures pratiques disponibles dans ces domaines (architecture services, mobilité, web géomatique, web cartographique, systèmes corporatifs, approche géographique, collecticiels, Wiki, blogs, vidéo-streaming, crowdsourcing..);

4.  intègre des pratiques de gestion de l’information dans toutes les activités de l’administration publique; ce qui permettra de valoriser l’information, de l’apprécier pour la ressource précieuse qu’elle est, et d’astreindre les démembrements de l’état à organiser les ressources informationnelles sous leur gouverne.

En effet, pour rompre fondamentalement avec le passé et jetter les jalons d’une vraie rupture vectrice de changements transformationnels, l’Exécutif devra articuler son action autour de la gestion stratégique de l’information publique et faire de la Transparence, l’Ouverture, la Particip-action, l’Imputabilité et la Collaboration (TOPIC) un crédo et une plateforme de gouvernance.

« Plateforme TOPIC»…Pourquoi Faire?

TOPIC devrait être à la fois la fondation et le ciment d’une rupture profonde guidée par le désir ardent des populations de voir la chaîne de valeur de l’administration publique gouvernée par la transparence et l’ouverture des pouvoirs publics, la participation et la collaboration des citoyens dans les actions de gouvernance, et l’imputabilité de nos dirigeants.

Ouverture (O) – On verrait ici à libéraliser l’accès à l’information et aux données sur les activités de la haute administration. Cette notion d’ouverture s’inspire ici du concept de « Gouvernement Ouvert » lancé par les États-Unis il y a 4 ans et déjà adopté par certains pays du Nord et du Sud dont le Maroc (sic!). L’application de ce concept montre que la déréglementation du patrimoine informationnel commun, tant et aussi longtemps qu’elle ne compromet pas la sécurité nationale et le droit à la vie privée, ne peut être que bénéfique à la société. L’Amérique en est un bel exemple puisque son avant-gardisme en matière d’ouverture des données n’est certainement pas étranger au fait qu’elle soit plus avancée dans les outils et NTIC que le reste de la planète. Ainsi, si l’agence fédérale chargée du recensement national (Census Bureau) et la commission géologique américaine (USGS) n’avaient pas mis dans le domaine public le premier réseau de routes numérique du monde qu’elles avaient conçu, NAVTEQ et GDT (fleurons de Nokia et de TeleAtlas/TomTom) n’auraient jamais pu en faire un levier pour se lancer en affaires, et MapQuest (1er site web de navigation en ligne) n’aurait peut-être jamais existé. Il en est de même pour Google Maps, Bing maps et les autres plateformes commerciales de cartographie en ligne. De plus, si le gouvernement américain n’avait pas élargi l’accès de la technologie GPS à des applications civiles, on ne parlerait pas de « Révolution Géospatiale » aujourd’hui. De même, chez l’Oncle Sam, le dynamisme en recherche, conception, réadaptation, ou réinvention des curricula d’enseignement des universités ne peut être dissocié de la latitude qu’elles ont toujours eue d’expérimenter leurs idées et théories avec des données libres. En somme, l’accès non restrictif aux données publiques a permis aux secteurs public, privé et académique états-uniens de réaliser des innovations technologiques majeures, révolutionner leurs enseignements et formations et effectuer des percées phénoménales en recherche et développement.

De fait, quand l’accès à l’information et aux données est ouvert au public, c’est la société dans son ensemble qui en bénéficie :

+  Le secteur éducatif pourra s’en servir pour concevoir ses curricula d’enseignement, développer ses matériels de travaux pratiques et autres applications de laboratoires, ou s’adonner à la recherche; ce qui aidera à bâtir une main-d’œuvre compétente, disséminer le savoir, concevoir de nouvelles méthodes et faciliter l’adoption de nouvelles découvertes ou technologies.

+  Les entreprises privées pourront l’utiliser éventuellement pour planifier leurs opérations ou pour innover.

+   Les ONG et autres organisations internationales pourront s’y appuyer dans le cadre de leurs activités d’aide au développement.

+ Les associations, syndicats et autres défenseurs de libertés civiles l’exploiteront sans doute pour intercéder en faveur de causes civiles et renforcer ainsi leur rôle de contrepoids vis-à-vis de l’état.

+  Les citoyens l’utiliseront pour s’informer, critiquer ou suggérer des idées, participer à des initiatives citoyennes, collaborer avec les pouvoirs publics, se faire une meilleure lecture de la gestion des affaires de l’État, et pourquoi lancer leurs propres initiatives entrepreneuriales.

+ En somme, presque tout le monde y trouvera son compte, en particulier les décideurs, gestionnaires et simples fonctionnaires qui comptent sur la disponibilité de données/informations fiables pour répondre décemment à la demande publique et aux impératifs de la bonne gouvernance.

Somme toute, une telle ouverture renforce incontestablement la démocratie. En effet, le lien entre démocratie véritable et prospérité économique et bien-être social est certes ténu, mais il est quand même indéniable. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de l’histoire de l’Union Soviétique et des états satellites que la « Russie » avait maintenus derrière son « Rideau de fer ». La plupart de ces nations, qu’elles soient d’Europe de l’est, d’Asie Centrale ou de la région Baltique, sont en émergence aujourd’hui. Tout cela est pour illustrer le fait que la rétention de données et d’informations publiques mène au mieux à une gestion opaque qui incite à commettre des malversations (abus, gaspillage, détournements, évasions fiscales, dérapages, corruption, copinage, népotisme, impunité, etc.). Au pire elle conduit à la tyrannie du fait de l’asymétrie d’informations qui se développe entre le pouvoir et les populations.

Transparence et Imputabilité (T, I) – Il s’agit ici d’instaurer :

+  Un suivi-contôle instituant des mécanismes rigoureux de notification, vérification régulière et communication systématique de données/informations sur la mise en œuvre de projets ou programmes ainsi que l’élaboration de rapports périodiques permettant de faire un suivi permanent de l’utilisation des fonds publics alloués à divers récipidiaires : quels montants ont été attribuées, comment ces allocations ont été réparties ou dépensées, combien d’argent reste t-il à allouer ou à dépenser, et les impacts générés par ces dépenses (par ex. en termes de création d’emplois).

+ Une surveillance faite de mécanismes permettant d’effectuer des audits, de signaler toute transgression des lois et réglements en vigueur, et d’établir des rapports périodiques sur l’usage des fonds alloués à des missions (projets, programmes, causes sociales, etc.). Cette surveillance résidera également dans l’actionnement de procédures qui faciliteront le signalement de péculats et autres gaspillages des ressources. Sous ce rapport, eu égard aux scandales financiers (LONASE, ARTP, CICES, etc.) et autres abus multiples qui ont émaillé la gestion des biens publics sous le magistère du Président Wade, il urge d’adopter au Sénégal des dispositions légales qui encourageraient de manière responsable et en même temps protégeraient contre des réprésailles, les faits de dénonciation anonymes de corruption, fraude, détournements de fonds, gaspillage et abus divers.

+  Une communication innovante se traduisant par l’implantation d’un dispositif de communication visuel, interactif et dynamique permettant au public d’interagir (chercher, composer, calculer, afficher, visualiser, sélectionner, télécharger, etc.) avec des pièces de données/’informations mises à leur disposition et de les consommer sur des supports variés (cartes, graphes, tableaux, globes, etc.) en ligne, ou offline avec des outils bureautiques (après téléchargement). À cet égard, il conviendrait dans un premier temps, en guise de banc d’essai, que le gouvernement du Permier Ministre Aminata Touré procède sans tarder, avec l’apport des technologies de l’information géospatiale (Géomatique), à l’inventaire et à la documentation systématique de tous les projets et programmes auxquels sont alloués des ressources financières plus ou moins importantes, concevoir un portail web d’information citoyen interactif à saveur cartographique et infographique et diffuser régulièrement à l’endroit du public, les informations et données colligées sur ces actions du gouvernement. De cette façon, les sénégalais où qu’il se trouvent, pourront consommer ces informations/données par exemple selon le type de projet initié  (école, hopital, route…), le secteur d’activité concerné (éducation, santé, infrastructure…), le type de financement sécurisé (public, privé, partenariat public-privé, Institutions financières étrangères, Union européenne…), le montant du financement alloué, le récipiendaire du projet/programme, l’administrateur des fonds (agence nationale ou régionale, direction, commune…), l’adjudicataire du projet s’il y a lieu, et la zone d’implantation de l’activité pour apprécier par exemple la distribution  spatiale ou la disparité régionale des activités de l’État.

Particip-action et Collaboration (P, C) – À cet égard, il conviendrait de rapprocher le Pouvoir des citoyens. Les défis auxquels notre pays est confrontés sont si nombreux et multidimensionnels que pour y faire face convenablement, le Sénégal devra déchirer le rideau de méfiance qui sépare les pouvoirs publics du peuple afin de mobiliser toutes les forces vives pour surmonter les surmonter.

Pour faire cela, l’action gouvernementale devra être pensée de manière à tirer profit des nouvelles possibilités qu’offrent l’Approche Géographique (Géo-technologies), les NTIC (architecture services, mobilité, web géomatique, systèmes corporatifs, collecticiels, Wiki, blogs, vidéo-streaming, crowdsourcing, forums et autres communautés virtuelles autour de thèmes d’intérêt public bien choisis, etc.), la prolifération du Web 2.0 (partage d’images et de vidéos, réseaux sociaux, services partagés, etc.), la fragmentation du web à travers une foule de plateformes électroniques (PC, laptops, téléphones mobiles, tablettes, assistants numériques personnels, etc.), et l’ubiquité de la téléphonie portable dans notre société, pour faire éclore une version de notre démocratie orientée vers une participation citoyenne active et une collaboration avec les populations dans la gestion des affaires de nos cités.

Nul ne peut nier aujourd’hui que les technologies de socialisation ont un pouvoir phénoménal lorsqu’il s’agit de mettre en réseau et faire participer, contribuer, échanger ou collaborer des gens d’horizons divers. Cette capacité de réseautage revêt un potentiel certain que les pouvoirs publics sénégalais seraient bien avisés d’exploiter. En effet, nous avons vu comment Facebook et Tweeter ont catalysé les révolutions du printemps arabe (Tinusie, Égypte, Libye, Syrie, etc.) et continuent encore d’influencer les évènements de leurs lendemains. C’est dire que, nous aussi, pourrions capitaliser sur ce potentiel des outils de socialisation (qu’ils soient de parfum commercial ou fait-maison) pour servir des intérêts collectifs et réaliser des progrès tangibles en matière de collaboration entre gouvernants et gouvernés. En effet, cela permettrait aux pouvoirs publics de faire appel à tous les patriotes où qu’ils se trouvent et solliciter ainsi leurs inputs (avis, recommandations, suggestions, idées, concepts, propositions de plans ou de projets, solutions spécifiques et  applications pratiques) pour aider à définir de meilleurs politiques publiques, améliorer la prestation de services aux citoyens, et mener à bien moult objectifs économiques, socio-culturels, environnementaux ou légaux. Bref, une interaction de cette nature entre les pouvoirs publics et les citoyens, si elle est suivie et bien entretenue, assurera certainement à ces derniers l’écoute des autorités et leur permettra d’exprimer leurs besoins, préoccupations, grognes, colères, ou satisfaction par rapport aux initiatives de l’état.

En somme, la mise en œuvre par l’état d’un mécanisme de communication authentique motivé par une volonté d’impliquer les citoyens, d’ouvrir et de rendre transparente une gouvernance où nos dirigeants seront imputables de leurs actes, aidera sans doute à combattre la corruption et la gabegie tout en mobilisant nos compatriotes derrière la vision du chef de l’état et de son gouvernement. L’engagement citoyen étant un facteur de renforcement de la démocratie, on peut anticiper, Citeris Paribus, qu’un dispositif administratif basé sur TOPIC et sur la gestion stratégique de l’information publique, sera un levier de bonne gouvernance permettant de concevoir de meilleures politiques publiques et d’élaborer des offres et prestations de services mieux fournies aux populations. Il améliorera la compréhension de l’action gouvernementale par les citoyens et établira une meilleure communication entre le Pouvoir et ses interlocuteurs-citoyens. Ce qui encouragera ces dernier à s’impliquer davantage dans la gestion des affaires du pays et catalysera l’avènement d’une culture de gestion des biens publics plus saine.

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