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Expliquer la géomatique est une opération complexe. Citeris Paribus, c’est cette complexité qui, historiquement, justifie son faible taux de pénétration auprès du public et son rejet tacite par le milieu des affaires. Toutefois, cette réputation de paria des TI se résorbe rapidement et la géomatique fait actuellement beaucoup de progrès sur le front de la « consumérisation ». Elle a acquis de nouvelles lettres de noblesse auprès du public grâce au surf adroit qu’elle pratique sur la crête de la vague des plateformes mobile, Internet et nimbo-informatique. Certes, les déterminants technologiques (performance des microprocesseurs, croissance de la mémoire de masse, économie de réseaux, Internet, réduction drastique du coût du matériel informatique, normes de réseau, etc.) et les gains de la technologie GPS ont joué un rôle important dans cette percée. Mais cette soudaine réputation, elle lui vient beaucoup du génie de Google Earth qui, un beau matin de 2005, a tout chambardé, occasionnant la rupture tant attendue par les géoexperts. Du jour au lendemain, des érudits de philosophie géospatiale se sont réveillés au « Shock and Awe » d’une innovation de proportions séismiques dont les répliques se feront sentir encore longtemps.

 

À vrai dire, Google Earth n’est même pas un SIG authentique. Il est amputé de trop de fonctionnalités géospatiales pour cela. C’est « banalement » un outil de visualisation et de diffusion de contenus en ligne. Cependant, sa simplicité, son intuitivité, sa tridimensionnalité et sa démarche multi-échelles ont terra-terrisé des paradigmes très abscons et confondu plus d’un géospécialiste. C’était un peu comme si la quadrature du cercle géomatique venait d’être résolue. Tout à coup, la dimension spatiale fait son irruption de manière formelle dans la psyché collective. Cet éveil formel du « sens géographique » du grand public a mis en branle une course folle à l’innovation qui s’accompagne d’une intégration verticale effrénée dans l’industrie. Qu’on se le dise: quand les Google, Microsoft, Apple, Nokia, TomTom et Facebook de ce monde se bousculent au portillon et veulent chacune imprimer la dimension spatiale dans l’imaginaire des consommateurs, c’est qu’il y a une bonne raison… De fait, une panoplie complète de services de géolocalisation exploitant la position géographique des usagers d’appareils de communication mobiles est en émergence. La sphère du réseautage social est en ce moment même saturée de ces Géo-Tweets et Check-Ins, ainsi que de publicités géo-contextuelles et d’applications orientées vers la recherche de proximité et la navigation récréative. En définitive, les services de géolocalisation, secondés en cela par le dynamisme de la géomatique libre, ont rendu sexy la discipline et l’ont mise à la une.

 

Au-delà de Google Earth et de toutes ces applications émergentes, l’Internet et le concept d’applications logiciels-services sont en train de briser le mythe de l’inaccessibilité de la géomatique et de révéler au grand jour, en les simplifiant, les tours de passe-passe magiques de ses illustres gourous. Lentement mais sûrement, nous sommes en train de nous défaire des progiciels géomatiques aux fonctionnalités complexes installés sur des ordinateurs fixes dans des bureaux inamovibles. À l’heure qu’il est, prenez n’importe quel gadget numérique apte à se connecter à l’Internet et le tour est joué. Plus besoin de formations dispendieuses, encore moins de céphalées à les suivre… Vous n’avez plus besoin que d’un navigateur web. Aucun risque de vous perdre dans un dédale d’installations et/ou de configurations complexes. C’est simple, intuitif, portable, multiplateforme et ça fait parfaitement l’affaire! S’il y a une complexité quelconque, elle est cachée dans le tréfonds de vastes champs de serveurs ventilés, à l’autre bout du monde, dans un centre de données climatisé comme il y en a tant… Sollicitez simplement un service, n’importe lequel (téléchargement, édition, requête, géotraitement, visualisation, recherche, etc.), et il vous sera livré presque instantanément. Vous n’aurez même pas besoin de laisser un pourboire !

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