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Les sciences et technologies de l’information géospatiale (STIG) ont le vent en poupe. « Géomatique » est un terme à présent presque galvaudé. Nombreux sont ceux qui l’utilisent mais, paradoxalement, beaucoup n’en saisissent pas pleinement la signification, encore moins la portée. Parmi ceux qui pensent connaître le sujet, certains font référence aux cartes (« The Map Guys » est d’ailleurs un sobriquet courant en milieu anglophone pour désigner les géomaticiens), d’autres évoquent les bases de données (BD), d’autres les GPS, et que sais-je encore…

Pour le grand public en général, peu importe le background (médecin, informaticien, avocat, travailleur social, optométriste, financier, ingénieur, comptable, etc.), la géomatique tient un peu de « l’ésotérisme », une sorte de science-technologie futuriste ou alienne, digne des Star Wars de Lucas, Star Trek de Roddenberry et autres E.T de Spielberg. Dépendamment de la terminologie employée (ex. Technologies géospatiales), elle évoque quelque chose de cosmique ou astrophysique, en tout cas d’extra planétaire!

Même dans les milieux où la géomatique se pratique quotidiennement, le jargon utilisé par les uns n’est pas toujours bien compris par les autres. Spécialistes et décideurs se livrent parfois à un dialogue de sourds, les termes érudits délibérément utilisés par les premiers apparaissant rébarbatifs aux seconds. Il règne d’ailleurs une certaine confusion au sein de la géo-communauté, tant les dénominations de la matière varient parfois selon la langue ou le pays d’origine. Ainsi, « Système d’Information Géographique » (SIG) est populaire chez les anglophones, tandis que « Géomatique » domine dorénavant chez les francophones. Les Américains emploient une pléthore de vocables interchangeables – « Technologies géospatiales », « Géo-technologie », « Intelligence géospatiale », « Technologies géo-décisionnelles », « SIG » – et très rarement « Géomatique ». Les Canadiens ont quant à eux inventé ces deux derniers mots et les emploient couramment, quand les Néerlandais pratiquent souvent du « Geo-Information Science ». Enfin, ailleurs dans le monde, « SIG » rivalise avec des appellations telles que « Géo-Informatique » qui toutes ont acquis droit de cité dans le jargon versicolore des STIG (tiens, en voilà une autre!).

Il faut dire que la géomatique a longtemps été une affaire de « Geeks », une unité cartographique située à l’autre bout d’un couloir sombre et presque fantôme où d’obscures technologues s’adonnaient à des manipulations complexes sur des monceaux de données « fantaisistes », des graphiques et des plans aux couleurs exotiques. Traditionnellement isolée du reste de l’organisation dont elle ne soutenait en général qu’une fonction, elle est longtemps demeurée le mouton noir de la famille des TI, mis à l’écart à cause de cette aura de complexité qui l’entoure.

Une chose est sûre, une explicitation de la notion de géomatique ne saurait se réduire à un, deux ou même trois mots… Les définitions, qui abondent, sont tout sauf succinctes et ne font rien pour dissiper ce halo d’abstraction ou de logique floue que le public y perçoit. Qui plus est, le concept d’espace ou de géographie n’est pas aisément saisi ou saisissable par tous. Il faut en général recourir à des métaphores, voire des formules alambiquées, ou donner des exemples concrets pour que le message atteigne sa cible. Le caractère transdisciplinaire et touche-à-tout de la discipline n’aidant pas, le vulgarisateur doit souvent adapter son propos au champ d’intérêt de l’interlocuteur afin de l’intéresser. Nous nous le tiendrons pour dit!

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