Mots-clés
AvantagesIndus, ÉthiquePolitique, DébatsPublics, FonctionPublique, GestionPublique, PolitiqueSénégalaise, PostesPolitiques
La question de la gestion des structures publiques est sur toutes les lèvres et anime les débats publics, depuis la publication des rapports d’audit des corps de contrôle de l’État (OFNAC, Cours des Comptes, IGE, etc.). Cependant, un aspect moins évoqué mais tout aussi crucial, mérite une attention particulière : pourquoi la politique est-elle si attractive au point de se transformer en un véritable métier pour de nombreux Sénégalais ? Derrière cette interrogation se cache une réalité préoccupante : l’administration, à travers les postes de nomination politique, est perçue comme un eldorado, un pôle d’attraction majeur, bien plus séduisant que le secteur privé. Cela soulève une réflexion profonde sur les motivations qui poussent tant de gens à aspirer à des carrières politiques, prêts à tout pour obtenir des postes dignes d’envie.
De fait, la lucrativité des postes de nomination politique, avec leurs nombreux avantages tels que les voitures de fonction, le carburant offert, diverses indemnités, etc., rend l’administration publique particulièrement attractive. Par exemple, un célèbre candidat à l’élection présidentielle passée, qui a déclaré lors de sa campagne avoir quitté un poste lucratif aux ICS pour se former à l’ENA, soulève des questions sur les véritables motivations derrière un tel choix. Son statut de fonctionnaire milliardaire aujourd’hui interroge sur les réelles incitations à servir le public.
De même, la révélation récente par un ancien directeur du cadastre, de l’état de richesse indécent, commun à lui et à ses prédécesseurs, ainsi que les allusions à la corruption et aux arrangements fonciers et financiers au sein de la DGID, mettent en lumière les problématiques profondes de l’administration sénégalaise. Pareillement, la détention de biens immobiliers dans des zones privilégiées, par des figures politiques de haut rang, soulève encore la question de l’équité et de la possibilité pour les autres citoyens d’accéder à de telles opportunités.
Au finish, il faudra s’attaquer à l’attrait excessif des postes de nomination politique, en éliminant les nombreux avantages indus. Le nouveau régime du président Faye a pris l’engagement de réduire le train de vie insoutenable de l’État, lors du conseil des ministres du 2 mai 2024. Mais tant que l’administration demeurera un moyen absolu de prospérité, les abus et les pratiques douteuses perdureront, compromettant l’intégrité de la fonction publique sénégalaise. La nécessité de repenser la structure des incitations au sein de l’administration est ainsi impérative pour rétablir une certaine éthique politique et encourager une gouvernance saine et dédiée à l’intérêt public, loin des ambitions personnelles qui semblent parfois primer sur le service à la nation.
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