Mots-clés
abdou-diouf, abdoulaye-wade, administration-publique, administration-senegalaise, leopold-sedar-senghor, macky-sall, Reforme, reforme-de-ladministration, senegal
En matière de gouvernance administrative, une vérité demeure immuable : le recours à de vieilles méthodes pour gérer de nouvelles réalités est loin d’être une garantie de succès, surtout dans un contexte marqué par le numérique, la mondialisation, et la digitalisation.
À cet égard, l’histoire de l’administration publique sénégalaise offre un cas d’étude fascinant. Elle traduit les évolutions et les remaniements successifs effectués par ses dirigeants, chacun apportant sa pierre à l’édifice, avec des résultats variés. Des figures illustres comme les anciens présidents, Abdoulaye Wade et son successeur, Macky Sall, ont abordé la réforme administrative avec des philosophies distinctes, mais un dénominateur commun : une transformation insuffisante et souvent inefficace.
Sous la gouvernance de Wade, l’administration héritée de Léopold Sédar Senghor et de Abdou Diouf a été significativement déconstruite. Cependant, cette déconstruction n’a pas été suivie d’une modernisation tangible ; elle a plutôt laissé un vide derrière, une absence de fondations solides sur lesquelles bâtir une nouvelle structure administrative adaptée aux défis contemporains. Macky Sall, malgré ses promesses de rénovation et ses slogans engageants, a simplement emboîté le pas à son prédécesseur, aggravant un système déjà fragilisé.
Ainsi, l’administration sénégalaise se retrouve aujourd’hui segmentée en différents paliers, créant non seulement une hiérarchie complexe et inefficace, mais également exacerbant les inégalités, notamment en termes de traitement salarial. Du sommet, incarné par la super structure de la présidence de la république, à la base, représentée par les ministères sectoriels où l’efficacité et l’efficience restent des défis majeurs.
Entre le sommet et la base, les agences et autres sociétés nationales, bien qu’ayant pour mission d’accélérer le rythme d’exécution des politiques publiques avec une gestion autonome, n’ont pas pour autant démontré une réelle performance, car minées par des abus répétés. Quant aux ministères clés tels que ceux des Finances, de l’Économie et des Affaires étrangères, ils semblent opérer dans un univers parallèle, bénéficiant de privilèges (fonds communs) qui alimentent des disparités croissantes.
En définitive, l’un des défis majeurs du nouveau régime est de réinventer l’administration sénégalaise afin de la rendre agile, performante, soutenue par un capital humain compétent et valorisé, et capable de répondre efficacement aux attentes des Sénégalais dans l’ère du tout numérique et de la mondialisation à outrance. Cela nécessite une analyse profonde et sans concession de son fonctionnement actuel, une volonté ferme de digitaliser et de simplifier les processus, le rétablissement de l’équité salariale, une lutte acharnée contre la corruption et la gabegie, ainsi que la rétention et la valorisation des talents, tout en s’inspirant des meilleures pratiques à l’échelle mondiale.