Mots-clés
Affaires religieuses, BIPE, BSEPP, BUreau, Evaluation, Ministère de l'intérieur, non-classe, Prospective économique, Suivi, travail
La décision prise lors du conseil des ministres du 17 avril 2024, visant à établir le Bureau d’Intelligence et de Prospective Économique (BIPE) ainsi que le Bureau de Suivi-Évaluation des Projets et Programmes (BSEPP) au sein de la Présidence de la République, soulève diverses interrogations quant à sa cohérence institutionnelle et opérationnelle au sein de l’appareil d’État. Cette mesure semble engendrer un paradoxe organisationnel à plusieurs niveaux.
En effet, la communication officielle indique que ces nouvelles entités devront fonctionner en harmonie avec les ‘’dispositifs institutionnels relevant des prérogatives du Premier Ministre’’. Cependant, ces bureaux sont implantés au sein de la Présidence de la République, soulevant ainsi la question d’une apparente contradiction dans leur positionnement institutionnel. Historiquement, la Primature est le moteur de l’action gouvernementale, chargée de mettre en œuvre les politiques et de coordonner les programmes publics, ce qui semblerait en faire l’endroit naturel pour des bureaux tels que le BIPE et le BSEPP.
Par ailleurs, l’implantation du BIPE et du BSEPP semble entraîner une redondance fonctionnelle avec des bureaux déjà existants et ayant des missions similaires, tels que le Bureau de Prospective Économique (BPE) rattaché à la Primature sous la houlette de Moubarack LO, et le Bureau Opérationnel de Suivi (BOS) situé à la Présidence de la République. Cependant, aucune information n’a été communiquée sur le devenir du BPE et du BOS…
Quant à la création d’un Bureau des Affaires religieuses au sein de la présidence, cette décision soulève des questionnements quant à la logique sous-jacente à la dispersion de ces prérogatives qui étaient traditionnellement centralisées au sein du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique (MISP), les éloignant ainsi de leur cadre habituel de traitement au sein de cette institution, ou à tout le moins les fragmentant. Autrement dit, cette mesure interroge sur sa cohérence avec les compétences déjà gérées au MISP et sur la nécessité d’une telle structure à ce niveau de gouvernance.
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