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Le Sénégal est en pleine effervescence du changement, promettant une ère de gouvernance axée sur la performance, la transparence et la rupture avec les pratiques passées. Cependant, cette quête de transformation soulève une interrogation essentielle : allons-nous être témoins d’une véritable rupture ou simplement d’un changement cosmétique?

Dès le premier conseil des ministres, étape inaugurale de cette nouvelle orientation, le ton a été donné pour, entre autres, l’audit des programmes, des projets et des ressources humaines au sein des ministères et autres structures nationales. Pourtant, un aspect crucial semble avoir été omis : l’évaluation des missions de ces entités, un élément clé pour sonder la profondeur réelle de l’audit annoncé. Puisque pour procéder à une réelle restructuration, une analyse minutieuse des missions attribuées aux divers organes de l’État est nécessaire.

Au reste, malgré l’annonce de rupture radicale, des signes de continuité sont pour le moment perceptibles dans des détails certes symboliques, mais tout de même révélateurs de la persistance du passé. La traditionnelle « photo de famille » pour le nouveau gouvernement, la forme habituelle du conseil des ministres, la terminologie conventionnelle dans les communiqués officiels, ou encore les visites rituelles des cités religieuses de Touba et de Tivaouane, renforcent cette impression de fixité, pour ne pas dire continuité…

Ce sentiment de déjà-vu contraste avec les débuts empreints de sobriété et de simplicité lors de l’arrivée du nouveau président. En effet, la prestation de serment au CICAD de Diamniadio, le retour sans ostentation au palais présidentiel, la cérémonie de levée des couleurs pour marquer la fête de l’indépendance, et la nomination d’un gouvernement sans considérations partisanes, avaient suscité un espoir renouvelé. Ces premiers pas semblaient présager un véritable changement, loin des pratiques antérieures et des formalités traditionnelles. Tout ça pour dire, que pour que la rupture annoncée ne soit pas qu’une simple rhétorique, elle doit être incarnée tant dans le fond que dans la forme.

Cela dit, il ne suffit pas de changer les discours ou l’apparence des cérémonies officielles, de réévaluer les politiques et les ressources humaines, ou de modifier les référentiels. La rupture exige une réforme en profondeur des structures, des processus et surtout, des mentalités. Cela implique de revoir les missions, de rationaliser les opérations, et d’instaurer une culture de performance et de responsabilité authentique. Car une transformation significative de la gouvernance et des méthodes de travail nécessite une remise en question des pratiques établies, un renouvellement des symboles et une communication reflétant cette ambition de changement. Sinon le risque est réel de ne voir qu’une simple redistribution des rôles au sein d’un système inchangé.

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